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Michel Odent : dossier de presse

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Dossier de presse d’Alter-NativeS sur la conférence "Les besoins physiologiques de la femme en travail"
donnée par Michel Odent, obstétricien de renommée internationale et responsable du « Primal Health Research Center », le 19 octobre 2006 à 19h30 à Uccle.

  • Article de fond
  • Biographie de Michel Odent
  • Alter-NativeS, c’est… : Idée fondatrice de l’asbl organisatrice
  • Pourquoi (ré-) humaniser les naissances ?
  • L’amour scientifié" et le "Primal Health Research Center"
  • Les conséquences de la période allant de la conception à la naissance sur la vie entière
  • Ce qui concourt à favoriser la construction du lien mère-enfant
  • Alter-NativeS : quelques pistes vers l’humanisation de la naissance pour un monde meilleur
  • Agenda : conférence-rencontre et prochaines activités d’Alter-NativeS

1) Courte biographie de Michel Odent

Michel Odent est une personnalité de tout premier plan dans le domaine de la périnatalité. Outre ses grandes capacités en chirurgie, il est surtout connu pour ses recherches en obstétrique. Il a introduit les concepts d’accouchements en piscines et les « salles de naissances comme à la maison » lorsqu’il était responsable du service de chirurgie et de la maternité de l’hôpital de Pithiviers en France (1962-1985).

Il a créé à Londres le « Primal Health Research Center » dont l’objectif est d’étudier les conséquences à long terme des expériences précoces (de la conception au premier anniversaire) des enfants sur le déroulement de leur vie future. Il est aussi l’auteur d’une cinquantaine de publications scientifiques et de 11 livres publiés en 21 langues.

Photo Haute définition de Michel Odent

2) Alter-NativeS, c’est… : Idée fondatrice de l’asbl organisatrice

L’asbl Alter-NativeS est née de la rencontre de plusieurs parents désireux de faire progresser les mentalités et les pratiques autour de la naissance vers une plus grande humanité ; cela se résume par le respect et l’écoute du vécu de la mère, du père et du bébé, respect du rythme naturel, laisser s’accomplir le processus physiologique avec le moins d’interventions possible. Plus d’infos sur www.alternatives.be

3) Pourquoi (ré-) humaniser les naissances ?

Cette humanisation revendiquée par les parents semblait être un objectif évident. Les travaux de Michel Odent viennent soutenir et confirmer ce point de vue. Pourquoi humaniser les naissances ? En quoi cela est-il profitable ? Au-delà du fait de favoriser un lien fort entre le bébé et sa mère (ses parents), quelles autres répercussions peut avoir une naissance respectueuse et physiologique (c’est-à-dire qui se déroule normalement) ?

4) » L’amour scientifié »et le « Primal Health Research Center

mise en lien de la période allant de la conception à la naissance et de ses conséquences sur la vie entière :
Le dernier ouvrage publié en français par Monsieur Odent , « L’Amour scientifié », y répond. L’auteur nous communique les résultats de travaux menés par le « Primal Health Research Center ». Son centre de recherche a en effet établi une banque de données rassemblant des centaines de références et analyses d’études publiées dans des journaux scientifiques et médicaux qui font autorité au niveau international. La vue d’ensemble offerte par cette compilation permet d’analyser les liens existant entre des phénomènes étudiés généralement de façon séparée et de remettre en perspective toute la richesse et la complexité de la période primale (de la conception au 1er anniversaire).

Michel Odent met l’accent sur l’attachement mère-enfant. Les éthologistes, qui étudient les comportements animaux et humains, s’entendent pour considérer cet attachement comme le prototype de toute forme d’amour. Favoriser chez l’enfant son lien avec sa mère, c’est le rendre capable d’amour, pour les autres et pour lui-même, d’avoir du respect pour sa personne et, par extension, pour la nature ; c’est favoriser sa sociabilité et réduire son agressivité.

Ainsi, beaucoup de problèmes actuels de société peuvent être interprétés comme des altérations de la capacité à aimer ; par exemple la violence juvénile et les comportements destructeurs comme le suicide, la toxicomanie, l’anorexie mentale et même des maladies mentales comme la schizophrénie ou l’autisme.

L’approche ethnologique permet de réaliser que seules les sociétés qui ont réussi à développer la capacité à dominer la nature et les autres groupes humains, grâce à leur potentiel d’agressivité, ont pu survivre jusqu’à maintenant. Dans presque tous les milieux culturels, sauf de rarissimes exceptions, on retrouve des pratiques qui perturbent les processus physiologiques de la naissance et l’on peut affirmer que plus grand était le besoin de développer les capacités d’agressivité dans une société, plus les rituels et les croyances entourant la période de la naissance étaient agressifs.

Mais est-ce encore nécessaire de nos jours ? Peut-être n’arrivons-nous pas à remettre en question des attitudes parfois froides et peu respectueuses dans nos maternités parce que cela touche quelque chose de très profond : la survie de l’homme et de sa civilisation.

Mais l’humanité est à un tournant. À l’ère de la prise de conscience écologique et de la « scientification de l’amour », elle peut et doit se tourner vers d’autres stratégies de survie.

Liens vers le résumé et les questions posées par ce livre :
http://www.alternatives.be/bibliotheque.htm#amour

5) Ce qui concourt à favoriser la construction du lien mère-enfant

Comment favoriser le lien mère-enfant ? Les tout premiers moments après la naissance, le tout premier échange de regard, sont un moment sensible, comme l’a révélé Konrad Lorenz dans les années trente, par exemple. (Il s’interposa entre des canetons et leur mère dès leur sortie de l’œuf, en imitant les coins-coins de la mère canard. Ces canetons restèrent toute leur vie attachés à la personne de Konrad Lorenz, qui a ainsi démontré ce concept de période sensible.) Le même phénomène est transposable chez les humains. Mais pour lui rendre sa force, il faut que mère et enfant arrivent à cet instant baignés par un cocktail d’hormones, sécrétées au mieux lorsque les processus physiologiques ont pu se dérouler avec le moins d’interventions possible.

Jusqu’à une époque récente, une femme ne pouvait avoir un bébé sans compter sur la sécrétion d’un mélange complexe d’hormones. Or nous avons appris au cours de ces dernières années que toutes ces hormones, en particulier l’ocytocine, on des effets jusqu’alors insoupçonnés sur les comportements. Grâce au connaissances scientifiques actuelles, nous pouvons conclure qu’une femme ne pouvait pas accoucher sans sécréter un cocktail complexe d’hormones de l’amour.

Aujourd’hui, par contre, la plupart des femmes ont un bébé SANS sécréter ce cocktail d’hormones. Beaucoup ont une césarienne, et la plupart de celles qui accouchent par voie vaginale utilisent des médicaments (des substituts pharmacologiques) qui bloquent les sécrétions d’hormones naturelles, et n’en ont pas les effets sur les comportements. C’est une situation sans précédent dans l’histoire de l’humanité !

Comment revenir à plus de naturel dans les accouchements ? C’est une question importante si l’on considère l’impact à long terme que peuvent avoir ces accouchements traumatiques ou, selon les hypothèses explorées par Michel Odent, le manque « hormonal » de la mère ou du bébé.

Les hormones nécessaires à l’accouchement (ocytocine, endorphines, prolactines, ACTH, catécholamines, ...) sont produites par la partie profonde du cerveau ( hypothalamus, hypophyse, etc.) que nous partageons avec tous les mammifères.

Les inhibitions et les «blocages » dans le travail seraient plutôt le résultat de la stimulation du néocortex, la partie plus récente du cerveau qui est si développée chez les humains.

Ainsi, en évitant de stimuler le néocortex, on réussirait beaucoup mieux à éviter certaines interventions médicales et à générer les circonstances favorable à la création du lien mère-enfant.

Qu’est-ce qui stimule le néocortex ? Par exemple, le langage et les discussions rationnelles, la lumière et surtout TOUT ce qui donne l’impression à la femme en travail d’être observée et jugée – ce qui instinctivement lui fait sécréter de l’adrénaline, hormone du stress, qui bloque les autres productions d’hormones (ce qui ne doit intervenir qu’à la toute fin de l’accouchement). Reste à voir ce qui dans les protocoles ordinaires de nos maternités cause problème et ce que nous avons l’envie et le courage de changer maintenant…

6) Alter-NativeS : quelques pistes vers l’humanisation de la naissance pour un monde meilleur

Alter-NativeS asbl œuvre elle aussi dans cette perspective et vous donne quelques pistes sur son site internet : www.alternatives.be, lors des conférences-rencontres et lors des soirées d’échanges parents-futurs parents (voir http://www.alternatives.be/agenda.htm )

Et notamment :
· en revalorisant le rôle de la mère et du père comme acteur de leur accouchement,

· en donnant de l’information relative à la naissance et à la périnatalité,
par exemple : par les fiches d’informations relatives aux gestes médicaux divers et de leur classification en terme de recommandés ou non par l’OMS http://www.alternatives.be/oms.htm

· en stimulant ainsi un dialogue plus pertinent avec le corps médical, (voir par exemple la liste des questions à aborder avec son gynécologue : http://www.alternatives.be/questions_gyneco.htm

· en revalorisant l’approche de la naissance par les préparations affectives et en mettant notamment en avant le rôle des sages-femmes, et des accompagnateurs de la naissance respectueuse et de la physiologie (le « tout se passe normalement, je n’interviens pas »)…

Valérie Miest
0477/47 49 63
R.P. pour Alter-NativeS