Classification OMS des pratiques utilisées pendant un accouchement normal
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L'OMS distingue quatre catégories de pratiques courantes dans la conduite d'un accouchement normal, selon leur utilité, leur efficacité et leur nocivité.
Cette classification est le résultat de la réflexion et des débats du groupe de travail, et reposent sur les meilleures preuves disponibles à l'époque (1997).
Les raisons de cette classification sont exposées en détail sur le site de l'OMS ; nous invitons le lecteur à se référer à l'étude complète : "Les soins liés à un accouchement normal: guide pratique" (les numéros des chapitres sont indiqués entre parenthèses).
CATEGORIE A : Pratiques dont l'utilité peut être démontrée et qu'il convient d'encourager
Plan individuel
déterminant où et avec l'aide de qui l'accouchement se déroulera,
établi avec la femme pendant la grossesse, et communiqué au mari/partenaire
et, le cas échéant, à la famille (1.3).
Evaluation
des risques liés à la grossesse pendant les soins prénatals,
et réévaluation à chaque contact avec le système
de santé et au moment du premier contact avec le dispensateur de soins
pendant le travail, et jusqu'à la fin du travail (1.3).
Surveillance
du bien-être physique et émotionnel de la femme pendant tout le
travail et l'accouchement, et à l'issue du processus de la naissance
(2.1).
Boissons proposées
à la parturiente pendant le travail et l'accouchement (2.3).
Respect du choix
éclairé de la femme quant au lieu de la naissance (2.4).
Fourniture de
soins pour le travail et l'accouchement au niveau le plus périphérique
où l'accouchement soit possible et sûr et où la femme se
sente en sécurité et en confiance (2.4, 2.5).
Respect du droit
de la femme à l'intimité sur le lieu de l'accouchement (2.5).
Soutien empathique
des dispensateurs de soins pendant le travail et l'accouchement (2.5).
Respect du choix
fait par la femme des compagnons présents pendant le travail et l'accouchement
(2.5).
Fourniture aux
femmes de toutes les informations et explications qu'elles souhaitent (2.5).
Méthodes
non traumatiques et non pharmacologiques pour soulager la douleur pendant le
travail comme des massages et des techniques de relaxation (2.6).
Surveillance
foetale avec auscultation intermittente (2.7).
Usage unique
des matériels jetables et décontamination appropriée du
matériel à usage multiple pendant tout le travail et l'accouchement
(2.8).
Utilisation
de gants pour le toucher vaginal, pendant l'expulsion du bébé
et pour la manipulation du placenta (2.8).
Liberté
de choisir la position et de bouger pendant tout le travail (3.2).
Encouragement
à choisir une position autre que dorsale pendant le travail (3.2, 4.6).
Surveillance
attentive de l'évolution du travail, par exemple au moyen du partogramme
de l'OMS (3.4).
Administration
prophylactique d'ocytocine au troisième stade du travail chez les femmes
présentant un risque d'hémorragie de la délivrance, ou
qu'une spoliation sanguine même légère peut mettre en danger
(5.2, 5.4).
Stérilité
des instruments utilisés pour sectionner le cordon (5.6).
Prévention
de l'hypothermie du bébé (5.6).
Contact dermique
précoce entre la mère et l'enfant et encouragement à commencer
l'allaitement au sein dans l'heure qui suit la naissance, conformément
aux directives de l'OMS sur l'allaitement au sein (5.6).
Examen systématique
du placenta et des membranes (5.7).
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CATEGORIE B : Pratiques qui sont à l'évidence nocives ou inefficaces et qu'il convient d'éliminer
Recours systématique
au lavement (2.2).
Rasage systématique
du pubis (2.2).
Infusion intraveineuse
systématique pendant le travail (2.3).
Pose systématique
de canules intraveineuses à titre prophylactique (2.3).
Utilisation
systématique de la position dorsale pendant le travail (3.2, 4.6).
Toucher rectal
(3.3).
Utilisation
de la radiopelvimétrie (3.4)
Administration
d'oxytociques à tout moment avant l'accouchement de façon que
leurs effets ne puissent être maîtrisés (3.5).
Utilisation
systématique de la position gynécologique avec ou sans étriers
pendant le travail (4.6).
Efforts de
poussée soutenus et dirigés (manoeuvre de Valsalva) pendant le
deuxième stade du travail (4.4).
Massage et
étirement du périnée pendant le deuxième stade du
travail (4.7).
Utilisation
de comprimés oraux d'ergométrine au troisième stade du
travail pour prévenir ou arrêter une hémorragie (5.2, 5.4).
Administration
systématique d'ergométrine par voie parentérale au troisième
stade du travail (5.2).
Lavage utérin
systématique après l'accouchement (5.7).
Révision
utérine systématique (exploration manuelle) après l'accouchement
(5.7).
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CATEGORIE C : Pratiques sur lesquelles on ne dispose pas de preuves suffisantes pour les recommander fermement et qu'il convient d'utiliser avec précaution tandis que les recherches se poursuivent.
Méthodes
non pharmacologiques utilisées pour soulager la douleur pendant le travail,
comme les plantes, l'immersion dans l'eau et la stimulation nerveuse (2.6).
Amniotomie
précoce systématique pendant le premier stade du travail (3.5).
Pression
sur le fond utérin pendant le travail (4.4).
Manoeuvres
visant à protéger le périnée et à gérer
la tête du foetus au moment du dégagement (4.7).
Manipulation
active du foetus au moment de la naissance (4.7).
Administration
systématique d'ocytocine, tension légère sur le cordon,
ou combinaison des deux pendant le troisième stade du travail (5.2, 5.3,
5.4).
Clampage
précoce du cordon ombilical (5.5).
Stimulation
du mamelon pour augmenter les contractions utérines pendant le troisième
stade du travail (5.6).
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CATEGORIE D : Pratiques fréquemment utilisées à tort
Interdiction
d'absorber aliments et liquides pendant le travail (2.3).
Traitement
de la douleur par des agents systémiques (2.6).
Traitement
de la douleur par l'analgésie épidurale (2.6).
Monitorage
électronique du foetus (2.7).
Port de
masques et de gants stériles par la personne aidant à l'accouchement
(2.8).
Touchers
vaginaux répétés ou fréquents, spécialement
par plusieurs dispensateurs de soins (3.3).
Accélération
par l'ocytocine (3.5).
Transfert
systématique de la femme en travail dans une autre pièce au début
du deuxième stade (4.2).
Sondage
de la vessie (4.3).
Encouragement
à pousser dès le diagnostic de dilatation complète ou presque
complète du col, avant que la femme éprouve elle-même le
besoin de pousser (4.3).
Observance
stricte d'une durée stipulée pour le deuxième stade du
travail, une heure par exemple, si l'état de la mère et du foetus
est bon et si le travail progresse (4.5).
Extraction
instrumentale (4.5).
Utilisation
courante ou systématique de l'épisiotomie (4.7).
Exploration
manuelle de l'utérus après l'accouchement (5.7).
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