Définition et objectifs d'une Maison de Naissance
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Source : Union Professionnelle des Accoucheuses de Belgique
DEFINITION DE LA MAISON DE NAISSANCE (protégée)
La maison de naissance est une institution de santé primaire gérée par une ou plusieurs sages-femmes, ouverte à tous sans distinction culturelle, économique, philosophique ou religieuse, dans laquelle les femmes sont considérées comme responsables et libres de leurs décisions.
Son but est de préserver le droit des couples d'accoucher dans un milieu moins médicalisé et de recevoir des soins et des services axés sur la santé globale. Les sages-femmes les accompagnent suivant leurs compétences vers une naissance naturelle, moins traumatisante pour la femme et l'enfant, et plus enrichissante pour le couple.
Concrètement, une maison de naissance est un petit établissement (maison ou partie de maison), ne faisant pas partie d'un hôpital mais s'y trouvant proche géographiquement, où les femmes en bonne santé, dont la grossesse se déroule normalement, peuvent y être suivies médicalement, y accoucher et y trouver de multiples services reliés à leur maternité.
Afin de préserver les échanges entre les femmes, les familles et les sages-femmes, une maison de naissance doit garder une dimension modeste de quelques centaines d'accouchements par année maximum.
OBJECTIFS
- créer un environnement de la naissance chaleureux, convivial
et sécuritaire centré sur la santé et non sur la maladie,
- éviter les infections nosocomiales,
- mettre en place une structure répondant aux besoins des femmes et de
leur famille,
- offrir un suivi personnalisé et continu par des sages-femmes qui, si
cela s'avère nécessaire, en référeront à
des professionnels extérieurs.
BUTS D'UNE MAISON DE NAISSANCE
1. Promouvoir le déroulement normal de la grossesse, de la naissance et de l'accouchement
Une maison de naissance veut répondre à la demande
des couples qui optent pour une approche naturelle et humaine de la grossesse
et de la naissance.
Les sages-femmes y accompagnent les grossesses et accouchements en offrant une
continuité des soins, une écoute des besoins émotionnels
des femmes et un soutien des familles. Le concept n'est pas neuf ni inexpérimenté
puisqu'il fait déjà partie intégrante du système
de santé dans des pays comme l'Allemagne, l'Italie, la Suisse, le Québec…où
il a par ailleurs fait l'objet d'une expérimentation et d'une évaluation
minutieuse.
Il en ressort que :
- le fait d'admettre que les accouchements sortent du cadre hospitalier et de
la pratique exclusive des médecins, met également en avant que
l'accouchement est une étape normale et naturelle de la vie, qu'il appartient
aux femmes et à leurs familles et qu'il est bénéfique de
privilégier la prévention, la continuité et le respect
dans les relations humaines ainsi que la responsabilité des parents,
- des bénéfices financiers et en matière de santé
sont évidents : utilisation non systématique des technologies
médicales, moins d'interventions obstétricales comme les césariennes,
les forceps et les ventouses, une diminution des déchirures compliquées,
moins d'hospitalisation pendant la grossesse, une diminution du nombre de bébés
de petit poids et de prématurés, un taux plus élevé
d'allaitement maternel,
- des statistiques très favorables en ce qui concerne les taux de transferts
pour complications, de césariennes et d'épisiotomies tout en maintenant
les scores d'Apgar des nouveaux-nés comparables.
2. Promouvoir la qualité, la créativité et la continuité des soins
Chaque femme est accompagnée de manière individuelle : la sage-femme répond à ses besoins spécifiques et s'adapte au climat qui entoure cette grossesse ou cet accouchement. Une consultation prénatale dure par conséquent, une heure, en moyenne. Ceci rend possible une relation de confiance avec la femme et son partenaire, ce qui est extrêmement important pour le déroulement aisé du travail et de l'accouchement, et également, pour les semaines (et même les mois) après l'accouchement. La sage-femme soutient le couple de manière complète depuis le diagnostic de la grossesse jusque longtemps après l'accouchement et favorise son aptitude à se prendre en charge. La femme elle-même est le centre de sa grossesse et de son accouchement et un médecin ne participe à la prise en charge que si un problème se présente.
3. Centraliser la dispense de soins
La centralisation des soins autour de la sage-femme donne l'avantage de limiter au maximum le morcellement actuel de la maternité. Tous ou presque tous les aspects à considérer durant une maternité peuvent être rassemblés autour d'une même personne et dans un même lieu : consultations prénatales, prises de sang, monitoring, préparation à la naissance, lieu de parole, séances d'information, centre de documentation, travail et accouchement, cours et rencontres postnatals, accompagnement de l'allaitement, planning familial etc…
4. Créer un lieu de rencontre pour femmes enceintes et de mères accouchées et promouvoir la confiance en elles-mêmes
Le temps consacré à ces moments d'écoute
et de rencontre permet de rétablir un équilibre certain entre
la part nécessaire occupée par la médecine scientifique
et la participation active et responsable que les (futurs) parents souhaitent
obtenir.
En effet, une maison de naissance ne doit aucunement se substituer aux couples.
Ainsi, les couples sont, honnêtement et de manière complète,
informés sur toutes les modalités, tous les aspects, toutes les
possibilités médicales et extra-médicales relatifs aux
grossesses, aux accouchements et aux suites de couches. Chacun peut alors, en
toute connaissance de cause (notion de consentement éclairé) prendre
la décision de fréquenter une maison de naissance.
Un dialogue permanent et réel entre les (futurs) parents et les sages-femmes
assurent déjà une bonne partie de la sécurité nécessaire
lors de l'enfantement.
5. Offrir un lieu sécuritaire pour accoucher
L'accouchement étant un acte physiologique, le professionnel
central de la maison de naissance doit être la sage-femme.
Conformément à la loi qui régit sa profession, elle :
- doit s'assurer la collaboration d'un gynécologue et d'un pédiatre
qui peuvent garantir les visites prévues par la loi mais aussi intervenir
en cas de problème,
- suit médicalement et psychologiquement les femmes en santé dont
la grossesse se déroule normalement.
La sage-femme doit également disposer du matériel de stérilisation
et du nécessaire pour faire face aux situations d'urgence obstétricales,
si rares soient-elles, ainsi que du matériel de réanimation.
La maison de naissance fonctionne donc en réseau avec l'ensemble du système
de santé (psychologue, psychiatre, ONE …) C'est un établissement
ayant un accès rapide aux services obstétricaux, pédiatriques
et néonatals d'un hôpital dans lequel le couple, le bébé
et la sage-femme doivent être reçu sans préjugé ni
réticence.
La direction obstétricale de la maison de naissance est sous la responsabilité
exclusive des sages-femmes mais une liaison doit être établie avec
le médecin de famille et l'ONE (Office pour la Naissance et l'Enfance)
Un accouchement sûr peut être obtenu par :
- une sélection rigoureuse du public des accouchements à domicile
et d'accouchements au centre : seules les femmes dont la grossesse et le travail
évoluent normalement entrent en ligne de compte,
- une étroite collaboration avec la ligne n°2 (gynécologue,
autre spécialiste)
- le respect du déroulement normal de l'accouchement.
De même chaque maison de naissance élabore son cadre de références
et ses règles de sécurité médicale. Ainsi, des lignes
de conduite sont élaborées, soit sous forme de règles de
soins soit sous forme de listes (comme par exemple la liste de Kloosterman)
Enfin, nous conseillons aux sages-femmes désirant travailler en maisons
de naissance, une expérience professionnelle vis-à-vis des accouchements
de minimum deux ans (soit en secteur hospitalier soit en pays en développement),
ou bien encore une tutelle durant deux ans par une autre sage-femme de la maison
de naissance.
6. Réaliser la revalorisation de la profession d'accoucheuse
Il est bien évident que dans un tel contexte, les sages-femmes ne sont plus considérées comme des auxiliaires médicales mais comme une profession médicale à part entière avec ce que cela comporte de responsabilités : une professionnelle formée à la médecine et à l'humain, respectueuse des attentes lors d'une maternité et garante d'une naissance en sécurité.